En ce dimanche, l’Évangile nous fait entendre la parole décisive de Jean le Baptiste :
« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. »
Une phrase simple, mais qui résume toute une vocation : désigner le Christ sans se mettre à sa place.
À travers cette figure majeure de l’Avent et du temps de l’Épiphanie, l’homélie du Père Charles nous invite à relire notre propre mission de baptisés : non pas être propriétaires de l’œuvre de Dieu, mais serviteurs et témoins.
Jean le Baptiste, le témoin qui s’efface
Jean le Baptiste aurait pu s’approprier la mission qui lui avait été confiée. Il attire les foules, il baptise, il prépare les cœurs. Et pourtant, lorsqu’il voit Jésus venir à lui, il reconnaît humblement :
« Moi, je ne le connaissais pas. »
Jean reçoit sa mission, il ne la fabrique pas. Il se laisse éclairer par l’Esprit Saint, qui lui révèle celui sur qui il descend et demeure. Sa grandeur est précisément là : accepter de s’effacer pour que le Christ soit manifesté.
Cette attitude rejoint profondément notre propre chemin de foi. Bien souvent, nous aimerions comprendre, maîtriser, contrôler l’action de Dieu. Jean nous apprend au contraire à faire confiance, à laisser Dieu agir, même lorsque ses chemins nous déroutent.
« Je fais de toi la lumière des nations »
La première lecture du prophète Isaïe rappelle avec force que chaque vie a une valeur immense aux yeux de Dieu :
« Je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
Ce n’est pas par nos seules forces que nous devenons témoins, mais parce que Dieu nous choisit et nous envoie. Comme le psalmiste, nous pouvons dire :
« Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté. »
Être chrétien, c’est accepter de porter une lumière qui ne vient pas de nous, mais qui nous traverse. C’est témoigner non pas de nos idées ou de nos projets personnels, mais de l’amour et de la paix que Dieu dépose dans nos cœurs.
Des passeurs de l’Esprit pour le monde
Saint Paul nous le rappelle : nous sommes tous appelés. Appelés à être sanctifiés pour sanctifier le monde, appelés à recevoir la grâce et la paix afin de les transmettre. Le témoignage chrétien n’est jamais une performance individuelle ; il est toujours collaboration à l’œuvre de Dieu.
Jean le Baptiste est un passeur. Il reçoit, il transmet, puis il remet. Même lorsque sa vie s’achève dans la violence, la Parole, elle, continue de courir. Aujourd’hui encore, elle nous rejoint et nous confie le flambeau de l’espérance.
L’homélie s’inscrit aussi dans la joie des confirmations célébrées récemment : signe que l’Esprit Saint continue de fortifier des jeunes pour qu’ils deviennent, à leur tour, des témoins vivants de l’Évangile.
Être témoins aujourd’hui
L’Évangile nous invite à une question personnelle et communautaire :
👉 Sommes-nous prêts à être des témoins sans nous approprier la mission ?
👉 Acceptons-nous d’être des passeurs plutôt que des propriétaires ?
Comme Jean le Baptiste, apprenons à dire :
« Voici l’Agneau de Dieu. »
Et laissons le Christ agir en nous, pour que sa lumière atteigne le cœur de notre monde.
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