N’ayez pas peur de témoigner de votre foi – Homélie du Père Michel – 21 Juin 2026

En ce dimanche, l’Évangile selon saint Matthieu nous fait entendre une parole forte de Jésus à ses apôtres : « Ne craignez pas les hommes. » À trois reprises, le Christ répète cette invitation à la confiance. Il sait que ses disciples seront confrontés à l’incompréhension, au rejet ou à la moquerie. Il sait qu’annoncer l’Évangile et vivre en chrétien dans le monde n’a rien d’évident. Pourtant, il ne leur demande pas de se cacher ni de se taire. Il les appelle à avancer avec courage, sous le regard du Père.

Lors de cette messe célébrée à Saint-Claude de Nerville, le Père Michel nous a aidés à comprendre combien cette parole du Christ rejoint notre vie d’aujourd’hui. Dans un monde où il n’est pas toujours simple d’exprimer sa foi, l’Évangile nous invite à ne pas céder à la peur, mais à devenir des témoins enracinés dans la prière, la formation et la confiance en Dieu.

Le chrétien n’a pas à vivre sa foi en cachette

Le Père Michel a commencé son homélie en soulignant combien les paroles de Jésus restent actuelles. Parler de sa foi dans une conversation, au travail, à l’école, dans son entourage ou parfois même dans sa propre famille peut exposer à l’incompréhension. Il arrive que la foi soit perçue comme dépassée, gênante, voire ringarde. Certains chrétiens ont déjà fait l’expérience d’un regard moqueur ou d’une mise à l’écart parce qu’ils osaient afficher leur attachement au Christ ou à l’Église.

C’est précisément dans ce contexte que Jésus nous dit : « Ne craignez pas le jugement des hommes. » Il ne nie pas les difficultés. Il ne promet pas une vie chrétienne facile. Mais il rappelle à ses disciples qu’ils ne vivent pas sous le regard changeant des hommes, mais sous celui du Père.

Cette parole change tout. Notre valeur ne dépend pas de l’opinion des autres, de notre popularité ou de l’image que nous renvoyons. Elle repose sur l’amour de Dieu pour chacun de nous. Jésus le dit avec tendresse : « Même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte. » Le Père veille sur nous avec une attention infinie. Nous ne sommes jamais seuls dans notre fidélité à l’Évangile.

Écouter, se former, réfléchir : une foi qui grandit

Mais témoigner de sa foi ne s’improvise pas. Le Père Michel a insisté sur un point essentiel : avant de proclamer, il faut d’abord écouter. Jésus dit à ses disciples : « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. » Autrement dit, la mission naît d’une parole d’abord reçue dans l’intimité.

Le chrétien est donc appelé à prendre au sérieux la Parole de Dieu, la prière, mais aussi la formation. Le Père Michel l’a dit clairement : aujourd’hui, se former n’est pas un luxe, c’est un devoir. Dans une société où les grandes questions humaines, éthiques, sociales ou spirituelles sont souvent abordées sans référence à l’Évangile, nous avons besoin d’une foi éclairée.

Sans un minimum de connaissance et de réflexion, comment rendre compte de notre espérance ? Comment répondre aux questions des enfants, des jeunes ou de ceux qui cherchent ? Comment proposer la lumière du Christ sur les débats de notre temps si nous restons silencieux ou mal préparés ?

L’homélie rappelle ainsi que la foi chrétienne n’est pas une opinion vague ou une tradition floue. Elle demande à être nourrie, approfondie et incarnée. Lire l’Écriture, méditer l’enseignement de l’Église, prendre le temps de comprendre les enjeux du monde à la lumière de l’Évangile : tout cela fait partie de notre responsabilité de baptisés.

Le monde a besoin de témoins

Le Père Michel a cité une parole souvent attribuée à Paul VI : « Le monde n’a pas besoin de maîtres, mais de témoins. » Cette phrase ne signifie pas que l’enseignement n’a plus d’importance. Elle rappelle surtout qu’une parole chrétienne n’est crédible que si elle est portée par une vie cohérente.

On ne peut pas annoncer l’Évangile sans chercher à le vivre. On ne peut pas parler du Christ sans laisser sa présence transformer notre manière d’aimer, de servir, d’accueillir, de pardonner et d’espérer. C’est toute la force du témoignage chrétien : il ne consiste pas d’abord à convaincre, mais à laisser transparaître dans notre vie quelque chose de la lumière du Christ.

Cela vaut pour les parents qui transmettent la foi à leurs enfants, pour les grands-parents qui prient fidèlement, pour les catéchistes, les bénévoles, les prêtres, mais aussi pour chaque chrétien dans son quotidien. Une parole de paix, un geste de charité, une fidélité discrète à la prière, une manière d’affronter les épreuves avec espérance peuvent devenir un témoignage puissant.

Oser parler du Christ dans le monde d’aujourd’hui

Faut-il alors seulement témoigner en silence ? L’homélie du Père Michel répond clairement : non. Le témoignage de vie est essentiel, mais il ne dispense pas de la parole. Si nous ne parlons jamais de Jésus, comment les enfants, les jeunes ou ceux qui cherchent pourraient-ils connaître son enseignement ? Si nous ne proposons jamais l’espérance chrétienne, qui le fera à notre place ?

Le chrétien n’est pas appelé à imposer sa foi ni à entrer dans des polémiques inutiles. Mais il ne peut pas non plus s’effacer totalement. Il est appelé à parler avec humilité, intelligence et douceur, lorsque cela est juste, utile et fécond. Il est appelé à rendre compte de l’espérance qui l’habite.

Le Père Michel évoque aussi l’importance de l’enseignement social de l’Église pour éclairer les défis contemporains. Les grandes questions de notre temps – la dignité humaine, la technique, l’écologie, la justice sociale, les évolutions culturelles – ne peuvent pas être laissées à la seule logique du monde. L’Évangile a quelque chose à dire à notre société, non pour dominer, mais pour servir l’homme et rappeler sa dignité.

Le Christ nous promet sa présence

Au cœur de cette homélie demeure une grande consolation : si nous choisissons de nous déclarer pour le Christ devant les hommes, lui-même se déclarera pour nous devant le Père. Nous ne témoignons pas seuls. Le Seigneur marche avec nous. Il connaît nos peurs, nos fragilités, nos hésitations, et il nous redit sans cesse : « Soyez donc sans crainte. »

Cette parole n’est pas un simple encouragement psychologique. Elle repose sur une promesse. Dieu veille sur chacun de ses enfants. Il ne nous abandonne pas dans la mission qu’il nous confie. Il nous accompagne aujourd’hui et il nous ouvre déjà à cette vie nouvelle qui ne finit pas.

Dans un monde qui doute, qui discute, qui se cherche, le chrétien n’est pas appelé à se replier. Il est appelé à écouter, à se former, à vivre de l’Évangile et à en témoigner avec courage. Voilà l’appel que le Père Michel nous a laissé en ce dimanche : ne pas avoir peur d’être disciples du Christ, et laisser notre vie parler de lui.

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