« La vie en abondance » : homélie du 4e dimanche de Pâques 2026

Messe anticipée du samedi 25 avril 2026 – Église Saint-Martin de Baillet Homélie du Père Charles – Évangile de Jean 10, 1-10


« Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » C’est sur cette parole du Christ, proclamée en ce 4e dimanche de Pâques, que le Père Charles a fondé son homélie lors de la messe anticipée célébrée à l’église Saint-Martin de Baillet, le samedi 25 avril 2026. Une parole dense, lumineuse, qui ne s’adresse pas seulement aux disciples du premier siècle mais à chacun d’entre nous, aujourd’hui, dans le quotidien de nos vies.

Le 4e dimanche de Pâques est traditionnellement appelé le Dimanche du Bon Pasteur. L’Évangile de Jean nous y présente Jésus sous une double image : il est à la fois le berger qui connaît ses brebis par leur nom, et la porte par laquelle on entre pour être sauvé. Deux images qui disent une même réalité : Jésus est le chemin unique vers le Père, celui qui ne trompe pas, celui dont la voix est reconnaissable entre toutes.


Reconnaître la voix du berger : la Parole et l’Eucharistie au cœur de la vie chrétienne

Le Père Charles ouvre son homélie par une observation qui traverse tout le temps de Pâques : les témoins du Ressuscité ne le reconnaissent pas à son apparence physique. Ni Marie-Madeleine au tombeau, ni les disciples d’Emmaüs sur la route, ni Pierre au bord du lac. C’est à sa parole, à ses gestes, à la manière dont il rompt le pain que le Christ se laisse reconnaître.

Ce détail évangélique n’est pas anecdotique. Il dit quelque chose d’essentiel sur la façon dont le Seigneur choisit de se manifester à nous encore aujourd’hui. Sa présence ne s’impose pas de l’extérieur. Elle s’offre, elle se laisse accueillir, elle allume un feu intérieur – ce même feu que les disciples d’Emmaüs décrivent lorsqu’ils se demandent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait en chemin ? »

C’est pourquoi, souligne le Père Charles, l’Eucharistie est toujours précédée de la table de la Parole. Avant de recevoir le Corps et le Sang du Christ, nous sommes nourris de sa Parole. Et cette Parole n’est pas un texte du passé. Elle est vivante, efficace, agissante. Elle éclaire, elle consolide, elle oriente. Se nourrir de la Parole de Dieu, c’est apprendre à reconnaître la voix du berger pour ne pas se laisser égarer par les voix étrangères qui cherchent à nous détourner.

La liturgie de ce dimanche nous rappelle également, par la première lecture tirée des Actes des Apôtres, que cette Parole porte des fruits concrets. Le discours de Pierre au jour de la Pentecôte touche ses auditeurs au cœur. Leur question – « Que devons-nous faire ? » – est aussi la nôtre. Et la réponse de Pierre est claire : convertissez-vous, recevez le baptême au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit.


La souffrance offerte, chemin vers la vie en abondance

La deuxième lecture de ce dimanche, extraite de la première lettre de Pierre, introduit une dimension que notre époque a du mal à entendre : « Si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu. »

Le Père Charles ne contourne pas cette parole difficile. Il l’assume et l’éclaire. La souffrance n’est pas présentée ici comme une fatalité à subir en silence, ni comme une vertu en elle-même. Elle est envisagée dans sa dimension de fécondité, lorsqu’elle est offerte par amour et portée dans la foi. L’image qu’il choisit est celle de la maternité : une mère qui donne la vie sait qu’elle traversera la douleur de l’accouchement, et pourtant elle y consent, parce qu’elle sait que de cette souffrance naît une vie. Cette souffrance-là n’est pas stérile.

Il en va de même, dit-il, de toutes les souffrances portées à la suite du Christ. En pensant à des figures comme sainte Jeanne Jugan ou à tant de personnes clouées dans la maladie qui offrent leur souffrance pour le monde, le Père Charles nous rappelle une vérité fondamentale de la foi catholique : nous sommes membres d’un même corps. Ce que l’un porte intérieurement profite à tous. Ce que l’un offre à Dieu rejaillit sur l’ensemble du Corps du Christ.

Face à une culture qui tend à présenter la souffrance comme une injustice pure, voire comme une raison d’abréger la vie, l’homélie rappelle avec douceur mais avec clarté que le Christ lui-même a souffert – non par masochisme, mais par amour, et que de cette souffrance est née la résurrection. « Par ses blessures, nous sommes guéris », dit la lettre de Pierre. C’est cette guérison que nous sommes invités à recevoir et à faire rayonner autour de nous.

La conclusion du Père Charles est une invitation à remettre toute notre vie entre les mains du Bon Pasteur : nos joies, nos peines, nos souffrances, nos doutes, nos rien. En évoquant la poétesse Marie-Noëlle qui dit au Seigneur « Je n’ai rien à te donner » et à qui le Seigneur répond « Donne », il rappelle que Dieu n’a que faire de nos performances. Il veut nous. Et c’est en nous remettant à lui – en entrant par la porte qu’est le Christ – que nous accédons à cette vie en abondance qu’il est venu nous apporter.


« Une âme qui s’élève, élève le monde. » – Mahatma Gandhi, cité par le Père Charles dans son homélie


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