Samedi 16 mai, sur le site de Notre-Dame de France, Reine de la Paix, la paroisse Saint-Martin de Baillet a commémoré Notre-Dame de Fatima. Le Rosaire a été récité en plein air, en cinq langues : français, portugais, tamoul, syriaque chaldéen et latin. La messe a suivi, en français et en portugais. La procession aux flambeaux a clôturé la soirée.
Cinq langues autour d’une statue de Marie. La scène pourrait se résumer à un mot bien commode : fraternité. Ce serait passer à côté de ce qui s’est joué là.
Le Cénacle s’est rouvert
Au premier chapitre des Actes des Apôtres, on lit que les onze restants, après l’Ascension, « étaient assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie, la mère de Jésus » (Ac 1, 14). C’est le Cénacle. Huit jours plus tard, à la Pentecôte, l’Esprit descend et les apôtres se mettent à parler toutes les langues, « chacun les entendait parler dans sa propre langue » (Ac 2, 6). L’Église naît multilingue parce qu’elle a d’abord prié, unie, autour de Marie.
Ce samedi, à huit jours exactement de la Pentecôte 2026, ce schéma s’est rejoué en miniature à Baillet. La Mère au centre, les langues des peuples autour d’elle, et la même prière qui les traverse toutes. Le Cénacle n’est pas un événement clos dans le passé. Il se rouvre chaque fois que l’Église se met à prier ainsi.
Une réponse à la demande de Fatima
La prière demandée à Fatima n’est pas une dévotion parmi d’autres. En 1917, Marie y a demandé explicitement le Rosaire pour la paix du monde, à un moment où la Première Guerre mondiale ravageait l’Europe et où la Russie basculait. En mars 2022, le pape François a consacré la Russie et l’Ukraine au Cœur Immaculé de Marie, reprenant la demande faite à Fatima cent cinq ans plus tôt.
Aujourd’hui, alors que cette guerre n’est pas finie et que d’autres se sont rallumées, ce que la paroisse a fait samedi à Baillet n’était pas un geste folklorique. C’était une réponse à la demande de la Vierge, à notre échelle.
Une seule Mère, beaucoup de peuples
Et c’est cette échelle qui frappe. Au pied de la même statue, des Portugais ont prié dans la langue où, en 1917, trois petits bergers ont entendu la Dame parler. Des Tamouls ont prié comme on prie depuis des siècles à Velankanni, le sanctuaire marial du sud de l’Inde. Des chaldéens ont prié dans la langue qui résonne encore dans les églises du Moyen-Orient, du sud-est de la Turquie au Liban en passant par la Syrie et l’Irak, ces communautés chrétiennes souvent éprouvées, parfois vidées. Des Français ont prié dans la leur. Le latin, lui, a rappelé que l’Église est plus ancienne que chacune de ces langues prises séparément.
Une seule Mère. Beaucoup de peuples. Une seule paix demandée.
Au pas de la procession
Quand la procession aux flambeaux a démarré dans la nuit tombante, ce n’était plus seulement une dévotion paroissiale. C’était un acte d’espérance posé, à hauteur d’homme, dans un monde qui en manque.



