Réveillons-nous ! Retrouver notre foi en Dieu en croyant à nouveau en l’homme

Dans l’Évangile de ce dimanche 8 novembre 2026, Jésus nous raconte la parabole des dix jeunes filles invitées aux noces. Cinq sont prévoyantes, cinq sont insouciantes. Lorsque retentit le cri au milieu de la nuit : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre », toutes se réveillent. Mais seules celles qui ont préparé leur lampe peuvent entrer dans la salle des noces.

À partir de cet Évangile, proclamé selon saint Matthieu (Mt 25, 1-13), le Père Charles nous adresse un appel particulièrement fort : réveillons-nous !

Lors de la messe célébrée à la chapelle Notre-Dame de France, Reine de la Paix, à Baillet, il nous invite à ne pas laisser notre foi s’endormir dans nos habitudes, mais à retrouver le sens de notre mission : accueillir chacun, apprendre à recevoir des plus petits et venir en aide aux membres souffrants de notre humanité.

Veiller : nous préparer à rencontrer le Christ

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » C’est par cette invitation que Jésus conclut la parabole des dix jeunes filles.

Le Père Charles nous propose de comprendre cette vigilance à la lumière de notre propre rencontre avec le Seigneur. Le jour de notre mort sera ce face-à-face avec celui qui est venu nous sauver. Ce jour-là, nous aurons à lui remettre notre vie, mais pas simplement nos performances ou nos réussites : nous lui remettrons aussi ce que nous aurons permis aux autres de recevoir.

Cette perspective change notre manière de vivre notre foi. Il ne s’agit pas seulement de nous préparer individuellement à rencontrer Dieu, mais de nous demander ce que nous faisons de notre vie pour les autres.

Le Père Charles attire notamment notre attention sur la vie de la communauté chrétienne. Nous avons parfois tendance à retrouver toujours les mêmes visages, à laisser les mêmes personnes prendre la parole et à oublier que l’Église est un corps vivant composé de nombreux membres.

Faire exister tous les membres du corps du Christ, c’est accueillir les nouveaux visages, donner leur place aux jeunes, aux enfants, aux catéchumènes et à tous ceux qui souhaitent participer à la vie de l’Église.

Personne ne doit être propriétaire de la communauté. Chacun doit pouvoir y trouver sa place et apporter sa contribution.

Apprendre à recevoir des plus pauvres

Pour illustrer cet appel, le Père Charles évoque sa célébration auprès des sœurs de Mère Teresa et la présence de personnes vivant dans la rue.

Ces personnes, qui dorment dehors, participent à la lecture et prennent pleinement leur place dans la célébration. Elles ne sont pas simplement des personnes auxquelles nous devons apporter de l’aide : elles sont aussi des frères et des sœurs qui ont quelque chose à nous donner.

Le Père Charles reprend alors cette formule particulièrement forte :

« Nul n’est trop pauvre pour n’avoir rien à donner. Nul n’est trop riche pour n’avoir rien à recevoir. »

Cette parole nous invite à changer notre regard. Nous avons parfois tendance à nous comporter comme des riches, en pensant que nous sommes toujours ceux qui donnent, ceux qui savent ou ceux qui viennent au secours des autres.

Mais l’Évangile nous appelle également à recevoir. Les personnes les plus fragiles, celles auxquelles on ne donne pas toujours la parole, peuvent nous révéler quelque chose du Christ et réveiller notre propre foi.

Accueillir les pauvres, ce n’est donc pas seulement leur venir en aide. C’est aussi accepter de recevoir d’eux, de les écouter et de reconnaître leur dignité.

Ne pas démissionner face aux épreuves et aux souffrances

Le Père Charles partage également un souvenir de prière auprès des sœurs de Mère Teresa, marquées par la peur après les premières émeutes à Paris.

Il leur avait alors adressé cet encouragement : « Ne démissionnez pas, mes sœurs. »

Cette invitation vaut pour chacun de nous. Face aux violences, aux difficultés du monde et aux souffrances de notre humanité, il est facile de céder à la peur ou de porter des jugements définitifs sur les personnes et les situations.

Le Père Charles nous met en garde contre ces jugements à l’emporte-pièce qui divisent et nous empêchent de rencontrer véritablement l’autre.

Il rappelle cette parole du Seigneur : « Je ne suis pas venu juger ni condamner, mais sauver. »

Nous sommes appelés à entrer dans cette même démarche : ne pas condamner, mais accompagner ; ne pas détourner le regard, mais nous rendre présents ; ne pas abandonner ceux qui traversent l’épreuve, mais prier et agir avec eux.

La sagesse divine, évoquée dans la première lecture, est précisément cette bonté de Dieu qui cherche l’homme pour l’aider à se retrouver et à se reconnaître comme enfant de Dieu. Elle est source de paix, une paix que nous sommes invités à accueillir dans nos communautés, nos familles et nos cœurs.

Reconnaître le Christ dans les visages de nos frères et sœurs

L’une des dimensions les plus concrètes de cette homélie apparaît lorsque le Père Charles évoque des personnes rencontrées près de chez nous.

Il parle notamment de Jean-Philippe, qui dort dans sa voiture, et de Xavier, qui vit sous une tente près de l’aérodrome de Moisselles. Ces rencontres nous rappellent que les personnes en situation de grande précarité ne sont pas des inconnus lointains : elles peuvent vivre à quelques pas de nous.

Le témoignage d’une femme âgée, immobilisée depuis des années et qui prie pour Jean-Philippe, montre également combien chacun peut agir, même lorsque ses possibilités semblent limitées.

Par la prière, l’attention et les liens qui se tissent, des chemins peuvent se rouvrir.

Le Christ est venu à notre rencontre pour nous conduire vers le Père, mais aussi pour nous révéler le visage de nos frères et sœurs.

C’est pourquoi le Père Charles nous lance cet appel :

« Réveillez-vous, réveillons-nous pour justement ne plus perdre de temps dans des choses des fois un peu futiles ou stériles, mais pour précisément nous relever les manches ensemble et venir en aide aux membres du corps souffrant de l’Église. »

Dans nos nuits, le Seigneur vient réveiller notre espérance

La deuxième lecture, tirée de la première lettre de saint Paul aux Thessaloniciens (1 Th 4, 13-18), nous invite à ne pas être abattus par la mort de ceux qui se sont endormis.

Le Christ est mort et ressuscité. Il est notre espérance et notre avenir en Dieu.

Le psaume exprime cette confiance dans la nuit : « Mon âme a soif de toi, Seigneur mon Dieu. »

Le Père Charles nous rappelle que le Seigneur peut se révéler à nous précisément dans nos nuits, dans nos épreuves et dans les rencontres qui bouleversent nos habitudes.

Il évoque aussi le réveil spirituel suscité par la visite du pape Léon XIV en France. Cet élan ne doit pas retomber : il doit permettre à tous les membres du corps du Christ de prendre part à cette merveilleuse aventure qui consiste à relever le corps tout entier.

La foi chrétienne n’est donc pas une foi qui nous enferme dans nos certitudes. Elle nous ouvre aux autres et nous donne la force de continuer à espérer en l’humanité.

Le Père Charles conclut par une conviction personnelle et profonde : « Je crois en l’homme. »

Il nous invite à ne pas tomber dans le piège du tentateur et du diviseur qui voudrait nous faire désespérer de notre humanité. Dieu espère en l’homme : à nous de ne pas démissionner.

Regardez l’Évangile et l’homélie du Père Charles

Comment réveiller notre foi ? Comment donner une véritable place à chacun dans notre communauté ? Comment apprendre à recevoir des plus pauvres et à reconnaître le Christ dans ceux que nous rencontrons ?

Retrouvez l’Évangile et l’intégralité de l’homélie du Père Charles, proclamés le 8 novembre 2026 à la chapelle Notre-Dame de France, Reine de la Paix, à Baillet.

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Que cet appel nous accompagne : réveillons notre foi en Dieu en réveillant notre foi en l’homme !