Ne pas gagner contre son frère, mais le gagner au Christ

En ce dimanche 6 septembre 2026, à l’église Saint-Georges de Bouffémont, le Père Michel nous a invités à méditer sur une question essentielle pour notre vie chrétienne : comment vivre nos relations avec les autres lorsque surgissent les désaccords, les blessures ou les fautes ?

En cette période de rentrée, alors que reprennent les activités scolaires, professionnelles et paroissiales, la Parole de Dieu nous rappelle que nous sommes responsables les uns des autres.

Veiller sur son frère sans le juger

Dans la première lecture, le prophète Ézéchiel reçoit de Dieu une mission particulière : celle d’être un guetteur pour la maison d’Israël. Il n’est pas appelé à surveiller ou à épier les autres, mais à veiller sur eux et à les empêcher, autant que possible, de prendre un chemin qui les éloignerait de Dieu.

Cette mission trouve un écho dans l’Évangile. Jésus nous demande de ne pas rester indifférents lorsqu’un frère ou une sœur s’égare. Mais il ne nous invite pas pour autant à l’accuser publiquement ou à le condamner.

La correction fraternelle commence par une rencontre personnelle, dans la discrétion : « Va lui faire des reproches seul à seul. » Le but n’est pas de gagner un conflit, mais de gagner son frère.

Comme le rappelle le Père Michel, celui qui a péché est d’abord notre frère. Avant d’être coupable de telle ou telle faute, il est une personne à aimer, à accueillir et à accompagner.

Le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour

Saint Paul nous rappelle que tous les commandements trouvent leur accomplissement dans une parole essentielle : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

L’amour doit donc guider notre manière de vivre avec les autres, y compris lorsque la vérité doit être dite. Faire preuve d’amour ne signifie pas fermer les yeux sur ce qui ne va pas. Mais la vérité doit toujours être portée par le désir de sauver, de relever et de redonner confiance.

Si la rencontre personnelle ne suffit pas, Jésus invite à chercher l’aide d’autres personnes. Puis, si nécessaire, la communauté elle-même est appelée à porter dans sa prière celui ou celle qui s’est éloigné.

Il ne s’agit jamais d’exclure définitivement. Même lorsque quelqu’un refuse d’écouter la communauté, Jésus ne nous donne pas la permission de le condamner. Au contraire, nous sommes invités à tout faire pour que celui ou celle qui s’est égaré puisse retrouver sa place.

L’image de la brebis perdue nous le rappelle : le berger ne renonce pas à celle qui s’est éloignée. Il part à sa recherche.

Trois attitudes pour vivre la fraternité chrétienne

Dans la conclusion de son homélie, le Père Michel nous propose trois attitudes à retenir.

D’abord, le courage dans la vérité. La fraternité chrétienne ne consiste pas à éviter toutes les difficultés ou à taire ce qui doit être dit.

Ensuite, la discrétion, mais jamais la complicité. Nous ne sommes pas appelés à exposer les fautes des autres, mais nous ne devons pas non plus devenir complices de ce qui détruit notre frère ou notre sœur.

Enfin, nous sommes invités à ne jamais chercher à gagner contre les autres, mais à chercher à les gagner au Christ.

C’est là toute la différence entre vouloir vaincre quelqu’un et vouloir son bien.

« Quand deux ou trois sont réunis en mon nom »

L’Évangile se termine par cette promesse de Jésus : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. »

Nous ne pouvons pas reconstruire seuls les relations blessées ou la communion parfois fragilisée dans nos familles, nos lieux de travail ou nos communautés. C’est avec le Christ que nous pouvons apprendre à nous réconcilier, à nous accueillir et à nous aimer véritablement.

Présent dans sa Parole et dans l’Eucharistie, Jésus nous donne son amour pour que nous puissions, à notre tour, devenir des artisans de communion.

En ce début d’année pastorale, cette Parole nous invite donc à ne pas fermer notre cœur. Nous sommes tous responsables les uns des autres. Et peut-être pouvons-nous garder cette question en nous : non pas comment gagner contre mon frère, mais comment, avec le Christ, l’aider à retrouver le chemin de la communion ?

Retrouvez dans la vidéo ci-dessous l’Évangile et l’intégralité de l’homélie du Père Michel, proclamés lors de la messe du dimanche 6 septembre 2026 à l’église Saint-Georges de Bouffémont.